La pomme de terre, incontournable dans le panier des ménages algériens, devient de plus en plus difficile à trouver sur les étals. Dans plusieurs régions du pays, les ruptures d’approvisionnement se multiplient, alors que les prix continuent de dépasser largement les 90 dinars le kilogramme, plafond annoncé par les autorités en octobre dernier. Une situation qui témoigne des difficultés persistantes à rétablir l’équilibre sur le marché, malgré les mesures engagées pour contenir la hausse des cours.
L’intervention des pouvoirs publics avait notamment prévu un renforcement des contrôles sur les marchés de gros et de détail, ainsi que l’encadrement du prix de vente au consommateur final. Mais l’application de ces dispositions aurait entraîné des tensions au sein des circuits de commercialisation. Des grossistes, communément appelés mandataires, auraient ainsi refusé de vendre la marchandise dans les conditions imposées, selon les informations rapportées sur plusieurs marchés.
Ce désaccord entre les intervenants de la filière aurait contribué à réduire les quantités distribuées aux détaillants. La difficulté ne concerne donc plus uniquement le niveau des prix, mais aussi la disponibilité même du produit, plaçant les consommateurs devant une situation de plus en plus contraignante.
Des ruptures signalées dans plusieurs wilayas
Les difficultés d’approvisionnement sont rapportées dans plusieurs régions. Dans l’est de la wilaya de Bouira, des commerces ont cessé de proposer de la pomme de terre, selon des constats locaux. Des perturbations comparables sont également signalées dans certaines communes de la capitale.
À Annaba et Skikda, Tlemcen, Béjaïa… des pages Facebook consacrées à l’actualité locale font elles aussi état d’une présence réduite du produit sur les étals. D’autres localités seraient confrontées aux mêmes difficultés, laissant apparaître des perturbations qui dépassent le cadre d’un marché régional.
Pour les ménages, cette situation complique davantage les achats quotidiens. Produit largement consommé et difficilement substituable dans de nombreux foyers, la pomme de terre occupe une place importante dans le budget alimentaire. Sa raréfaction oblige ainsi les consommateurs à multiplier les recherches, voire à renoncer à leur achat lorsque les quantités disponibles sont limitées.
Des tarifs qui dépassent le plafond réglementaire
La baisse de l’offre disponible s’accompagne d’une pression persistante sur les prix. Dans les commerces où la pomme de terre est encore proposée, le kilogramme se négocie entre 110 et 140 dinars, contre un maximum de 90 dinars annoncé par les autorités. Le dépassement peut ainsi atteindre 50 dinars, illustrant le décalage entre le prix réglementaire et la réalité constatée dans certains points de vente.
Les consommateurs subissent donc les conséquences conjuguées des ruptures de stock et de la hausse des tarifs. Cette situation met également en évidence les limites d’une mesure de plafonnement lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un dispositif garantissant la disponibilité des marchandises et la continuité de leur distribution.
Le retour à une situation plus stable dépendra désormais de la fluidité des échanges entre les différents acteurs de la filière, de la reprise des ventes sur les marchés de gros et du rétablissement des approvisionnements chez les détaillants. Au-delà de la surveillance des prix, c’est donc toute la chaîne de commercialisation qui doit retrouver un fonctionnement régulier pour éviter que les tensions actuelles ne se prolongent.
Par : S.A.B.










