Alors que ses chauffeurs affiliés continuent d’être verbalisés et sanctionnés sur le terrain pour exercice d’une activité de transport non autorisée, la plateforme numérique InDrive s’affiche en grand format sur les rames du tramway algérois, illustrant un contraste saisissant entre présence commerciale agressive et blocage réglementaire.
C’est ce que révèle Maghreb Emergent dans son édition d’hier, soulignant que cette visibilité de la marque dans l’espace public intervient dans un contexte de vive tension entre les plateformes de transport VTC et les syndicats de chauffeurs de taxi agréés. Des « taxieurs » qui dénoncent une « concurrence déloyale » et réclament un encadrement juridique strict de ces nouvelles formes de mobilité.
Or, précise la même source, l’habillage publicitaire d’un moyen de transport public par une plateforme privée ne valant pas autorisation d’exercer pour ses chauffeurs ; le quotidien des conducteurs affiliés reste marqué par l’insécurité juridique. Rappelons que faute d’un cadre légal spécifique définissant leur statut, ces derniers demeurent exposés lors des contrôles routiers à des procès-verbaux, des amendes forfaitaires ainsi qu’à l’immobilisation de leurs véhicules pour transport de personnes sans agrément. Du côté des professionnels du secteur, les organisations syndicales des taxis maintiennent la pression sur les autorités pour exiger l’application rigoureuse des règles de transport de voyageurs.
La colère des taxis face à une concurrence jugée déloyale
Ils mettent en avant l’inégalité des charges réglementaires et professionnelles entre les taxis officiellement agréés et les chauffeurs indépendants opérant via des applications mobiles. Cette situation d’incertitude, fait savoir ME, remet en lumière le décalage entre la réglementation actuelle et le développement rapide des technologies de mobilité urbaine.
Et, en l’absence d’un texte de loi clarifiant le statut des plateformes numériques et les responsabilités des intervenants, l’image du tramway aux couleurs de l’application cristallise ainsi le paradoxe d’un service toléré dans la communication grand public, mais frappé d’illégalité dans la pratique quotidienne.
Akram Ouadah









