Alors que l’Afrique du nord et la bande sahélo-saharienne sont en pleine recomposition géopolitique, l’Algérie s’impose de nouveau comme une puissance régionale incontournable. C’est la principale leçon tirée d’une récente analyse de la chercheuse Sabina Henneberg pour le prestigieux magazine diplomatique américain « Foreign Policy » et reprise par « Washington Institute ».
L’étude souligne le retour d’une diplomatie algérienne plus affirmée et proactive, alimentée par des leviers économiques renforcés et un espace décisionnel revendiqué face aux turbulences du contexte mondial.
La rupture, qualifiée d’éclatante, des relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis constitue, selon Sabina Henneberg, l’un des marqueurs forts de cette « posture réaffirmée ». Alger a tracé très clairement ses lignes rouges : refuser toute ingérence ou manœuvre susceptible de déstabiliser son voisinage immédiat. En effet l’Algérie, rappelle la chercheuse, tire parti de son histoire en matière de sécurité des frontières et de lutte contre l’extrémisme pour s’imposer naturellement comme un pilier de la stabilité régionale dans la région du Sahel où les menaces se multiplient, et ce malgré son attachement ferme à la non ingérence dans les affaires internes des États.
Cette présence retrouvée s’appuie aussi sur une intense activité diplomatique multilatérale. Membre du Conseil de sécurité des Nations unies, lors du mandat précédent, et du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, l’Algérie réaffirme à nouveau son rôle traditionnel de porte-voix des causes justes et de médiateur influent, a précisé Sabina Henneberg.
Sur le plan bilatéral, Alger affiche une stratégie pragmatique : conserver son partenariat stratégique et militaire traditionnel avec Moscou tout en engageant parallèlement un dialogue confiant avec Washington. Cette dynamique d’ouverture a suscité de lourds investissements américains, notamment dans l’agriculture saharienne et dans la valorisation des ressources gazières, a-t-elle ajouté.
Au cœur de cette affirmation internationale se trouve la volonté de construire une économie plus diversifiée et robuste, a encore estimé la chercheuse. La politique de relocalisation industrielle et de souveraineté productive, très avancée dans le secteur pharmaceutique, a-t-elle noté, permet au pays de réduire ses dépendances externes tout en projetant ses capacités d’exporter sur le continent africain. Associée à celle d’acteur gazier important et fiable pour ses partenaires internationaux, cette dynamique économique consolide la crédibilité et la souveraineté politique de l’Algérie à l’étranger.
Ainsi, conclut Sabina Henneberg, en alliant fermeté diplomatique, sécurisation de ses frontières et consolidation de son modèle économique, « réaffirme avec autorité son statut d’acteur central et maître de son destin dans la région ».
Par : Elyas Abdelbaki










