Plus de 400 commerçants risquent de voir leur activité remise en cause par un conflit autour de la propriété du marché. Certains y travaillent depuis 24 ans et affirment avoir financé la réhabilitation de leurs locaux après l’incendie de 2011. Face aux demandes d’évacuation signalées depuis 2025, ils réclament des garanties sur leur avenir.
À Saf-Saf, ce sont des années de travail qui se retrouvent suspendues à un conflit foncier. Plus de 400 commerçants, ainsi qu’environ 360 travailleurs selon les protestataires, redoutent de perdre leur activité après qu’une personne s’est présentée comme propriétaire du marché et a demandé l’évacuation des locaux. Pour ceux qui y travaillent depuis des décennies, l’enjeu dépasse la seule occupation des lieux : c’est la continuité de leur commerce et, pour de nombreuses familles, une source de revenus qui se trouve en question.
Le différend a pris une nouvelle dimension en 2025, lorsque plusieurs commerçants ont été convoqués devant la justice, selon leurs déclarations. Depuis, ils disent travailler dans l’incertitude, sans disposer des éclaircissements qu’ils attendent sur la situation du marché et sur les droits revendiqués par la personne qui souhaite récupérer les locaux. Le rassemblement organisé le dimanche 6 septembre devant l’entrée principale traduit cette inquiétude et leur volonté d’obtenir une réponse des autorités.
Les commerçants mettent également en avant les efforts consentis pour maintenir le marché en activité. Après l’incendie d’octobre 2011, qui a détruit une partie importante des commerces, ils affirment avoir financé eux-mêmes la réhabilitation de leurs locaux. Ils rappellent aussi avoir exercé pendant plus de dix ans sans raccordement au réseau électrique. Aujourd’hui, ils craignent que ces années d’investissement et d’activité ne débouchent sur une éviction dont les conséquences seraient immédiates pour leurs affaires et les personnes qui en dépendent.
Leur revendication est désormais claire : ils demandent aux autorités locales et centrales de faire la lumière sur le statut du marché, les conditions de sa cession et les documents sur lesquels repose la revendication de propriété. Ils réclament notamment une commission d’enquête afin que l’historique foncier du site soit examiné et que les droits en présence soient clarifiés.
Les commerçants affirment ne pas contester le principe de l’application de la loi. Ils demandent toutefois que la situation soit établie sur la base de documents accessibles et vérifiables, plutôt que de rester dans une incertitude qui pèse sur leur activité. Tant que le dossier n’est pas clarifié, c’est l’avenir de centaines de commerces et des travailleurs qui en vivent qui demeure en suspens.
Par : J.Seghir









