En Algérie, le cancer du sein frappe souvent des femmes relativement jeunes. L’âge moyen au diagnostic est de 47 à 48 ans. Le professeur Salah Dilem, chirurgien spécialisé dans les maladies du sein au service d’oncologie du CHU Mustapha-Pacha, représentant du ministère de la Santé, a précisé, hier, sur les ondes de la chaîne 1 de la radio nationale, que près de 40 % des patientes ont moins de 40 ans. Les moins de 35 ans représentent, elles, moins de 12 % des cas.
Invité à l’émission « L’invité du matin », à l’occasion du lancement d’Octobre rose, le spécialiste a insisté sur l’importance de la prévention et du dépistage précoce. Ces démarches permettent d’augmenter les chances de succès du traitement et de limiter les décès liés à la maladie. Il a noté que l’âge moyen au diagnostic est plus bas en Algérie que celui observé dans plusieurs pays européens, une situation qu’il attribue à plusieurs facteurs qui nécessitent plus d’études, notamment des modifications des habitudes alimentaires et des modes de vie, associées à un recul de l’activité physique.
Les facteurs de risque mentionnés incluent une augmentation de la consommation d’aliments transformés et conservés, la diminution de la consommation de certains aliments frais, la sédentarité, le surpoids et l’obésité, entre autres. Compte tenu de ces changements, le professeur Dilem a souligné la nécessité d’adopter un mode de vie sain et de renforcer la culture de la prévention.
En outre, le spécialiste a préconisé l’introduction de programmes de dépistage structurés, similaires à ceux mis en œuvre dans de nombreux pays scandinaves depuis les années 1980. Ces programmes impliquent des examens radiologiques tous les deux ans chez les femmes de plus de 50 ans, y compris chez les femmes asymptomatiques, avec une double lecture des clichés par deux médecins.
En Algérie, le cancer du sein représente plus de 45 % de tous les cancers diagnostiqués chez les femmes, d’après les chiffres fournis par le spécialiste. Le professeur Salah Dilem a fait état de plus de 14 000 cas de cancer du sein enregistrés chaque année en Algérie. Un chiffre avancé également jeudi dernier par le ministre de la Santé, M. Mohamed Seddik Ait Messaoudene.
Par conséquent, le professeur Dilem a appelé à la continuation des campagnes de sensibilisation et à la promotion de la consultation chez les femmes en cas de symptômes inhabituels, tout en veillant à ce que les femmes effectuent les examens médicaux recommandés, même si elles ne présentent aucun signe de la maladie.
Le dépistage précoce reste un facteur clé pour détecter la maladie à un stade où les options thérapeutiques sont généralement plus efficaces, ce qui permet une meilleure prise en charge des patientes.
Par : Elyas Abdelbaki











