Le court métrage « Yasmina », réalisé en 1961 par Djamel Chanderli et Mohammed Lakhdar-Hamina, sera au centre d’un atelier inédit consacré à la restauration numérique des films, organisé du 26 septembre au 1er octobre dans le cadre des 21es Rencontres cinématographiques de Béjaïa. Seize professionnels et étudiants y travailleront directement sur cette œuvre tournée dans les maquis pendant la guerre de Libération.
Réalisé pour le service cinéma du Gouvernement provisoire de la République algérienne, « Yasmina » raconte le destin d’une enfant contrainte à l’exil après le bombardement de son village. Le film appartient aux premières œuvres produites pour témoigner de la guerre et faire entendre la voix algérienne à l’étranger. Plus de six décennies après sa réalisation, son état de conservation impose désormais un travail de sauvegarde et de restitution.
La restauration commencera à partir d’une copie 35 mm conservée par les Archives nationales du film de la République tchèque. Celle-ci sera numérisée en 4K avant d’être confiée aux participants de l’atelier. Leur travail couvrira plusieurs étapes, de la manipulation et de la réparation de la pellicule à la restauration numérique de l’image, l’étalonnage et le traitement du son. Les logiciels spécialisés Diamant HS-ART, DaVinci Resolve Studio, iZotope RX 11 et Pro Tools seront notamment utilisés.
Au-delà de « Yasmina », cette expérience entend transmettre des compétences encore rares en Algérie. La restauration d’un film nécessite en effet des savoir-faire techniques précis pour corriger les dégradations du support sans altérer l’œuvre originale. L’objectif est ainsi de former localement des techniciens capables de prendre en charge à terme d’autres films du patrimoine cinématographique algérien.
Pour cette édition des Rencontres, placée sous le thème « Le cinéma d’hier pour éclairer le cinéma d’aujourd’hui », l’image de « Yasmina » a également été choisie pour illustrer l’affiche officielle, réalisée par l’artiste Athmane Imloul.
Par : A.D








