Cette mobilisation prend aussi une dimension particulière dans un territoire régulièrement confronté aux risques environnementaux.
La 13e édition du concours du « village le plus propre » est officiellement lancée à Tizi-Ouzou. L’Assemblée populaire de wilaya a donné le coup d’envoi de cette nouvelle édition. Plusieurs mois de mobilisation s’ouvrent désormais pour les localités qui choisiront de prendre part à la compétition, devenue au fil des années un rendez-vous important de la vie villageoise dans la wilaya.
Mais l’enjeu ne se résume pas à décrocher une place au classement. Dans les localités participantes, les habitants et les comités de village se mobilisent autour d’actions qui touchent directement leur quotidien : nettoyage des espaces collectifs, création ou entretien d’espaces verts, réhabilitation des sentiers ou encore interventions liées aux eaux usées.
Le concours s’appuie ainsi sur une organisation locale qui transforme progressivement les espaces communs et renforce l’implication des habitants dans leur environnement.
Une dynamique qui dépasse la propreté
Cette transformation ne concerne pas uniquement la propreté. Elle s’accompagne aussi d’une attention portée à l’identité des villages et à leur environnement bâti. Les initiatives engagées doivent permettre d’améliorer les espaces collectifs sans rompre avec les caractéristiques qui donnent à chaque localité son visage propre.
Cette recherche d’équilibre entre amélioration du cadre de vie et maintien du caractère villageois constitue l’une des dimensions importantes du concours.
Cette mobilisation prend aussi une dimension particulière dans un territoire régulièrement confronté aux risques environnementaux. Les incendies qui ont frappé la région durant l’été ont rappelé l’importance de l’entretien des espaces et de la vigilance collective.
Pour Smaïl Benhamna, le concours Aïssat Rabah doit ainsi être considéré comme un outil de développement local et comme un moyen de renforcer l’action des communautés face aux enjeux environnementaux, plutôt que comme une simple compétition honorifique.
Depuis sa création, le concours a également contribué à renforcer l’attractivité de certaines localités. Des visiteurs venus d’autres régions d’Algérie se rendent ainsi dans des villages distingués dans le cadre de voyages organisés, avec notamment des formules d’hébergement chez l’habitant.
Ces séjours favorisent la découverte du patrimoine local et une immersion dans la vie des communautés villageoises, tout en créant des échanges directs entre habitants et visiteurs.
Cette fréquentation peut également avoir des retombées sur l’économie locale. Hébergement, restauration, commerces de proximité, artisanat ou produits du terroir peuvent bénéficier de l’arrivée de nouveaux visiteurs. Le concours contribue ainsi à donner une visibilité supplémentaire aux villages et à faire de l’amélioration du cadre de vie un facteur d’attractivité qui dépasse les frontières de la wilaya.
Des récompenses pour prolonger les efforts
La dynamique peut enfin être prolongée grâce aux récompenses attribuées aux lauréats. La prime traditionnellement accordée au grand gagnant atteint 9 millions de dinars et permet de financer des projets d’utilité publique. Au-delà de la distinction, les sommes obtenues peuvent donc servir à poursuivre les aménagements et à donner une traduction concrète aux efforts collectifs.
Dans ce contexte, les organisateurs ont insisté sur la portée du concours Aïssat Rabah, qui ne doit pas être considéré comme un simple classement honorifique, mais comme un outil de développement local. La 13e édition s’inscrit ainsi dans une dynamique déjà installée, où la compétition sert de levier à des initiatives qui touchent à la fois au cadre de vie, à l’environnement, au patrimoine et à l’attractivité des villages.
Par : Aly D








