Une situation pour le moins paradoxale est encore rapportée sur le marché national du médicament : des produits inscrits sur liste des médicaments en tension chez les pharmaciens, sont bel et bien disponibles dans les réserves d’établissements pharmaceutiques.
Dans une note transmise aux établissements concernés, le ministère des Industries pharmaceutiques liste notamment la metformine et la lévothyroxine : deux médicaments couramment utilisés qui connaissent des difficultés d’approvisionnement en officine. Le premier est prescrit pour le traitement du diabète de type 2 et le deuxième est destiné à traiter l’hypothyroïdie.
Des produits qui sont donc en rupture dans les officines, mais disponibles dans les stocks des importateurs, producteurs locaux ou distributeurs en gros. Une situation observée après exploitation et vérification des données communiquées aux services compétents du ministère.
En raison de cet écart entre le stock disponible et la disponibilité réelle pour le patient, les établissements en charge de la chaîne d’approvisionnement sont désormais invités à mettre à disposition le stock qu’ils détiennent, dans le respect de la réglementation, sous 48 heures.
La note souligne aussi le rôle des grossiste-distributeurs. Ils sont invités à ajuster leur approvisionnement en fonction des besoins effectifs des pharmacies et du marché.
Ils sont surtout «invités» à réserver la distribution de ces médicaments à destination des officines, s’abstenant de toute « vente horizontale » entre grossistes, qui pourrait, selon le ministère, « désorganiser la bonne marche du circuit ».
Cette nouvelle intervention du ministère fait écho à une alerte similaire lancée quelques mois plus tôt. En avril 2026, alors que des tensions persistent sur certains médicaments en officine, le ministère a déjà sommé les laboratoires de commercialiser leurs stocks disponibles sous cinq jours afin de stabiliser l’approvisionnement. Des opérations de contrôles sont également prévues pour s’assurer du respect de ces consignes.
La démarche s’inscrit dans un plus large dispositif visant à suivre les stocks et les flux. Le ministère possède notamment une plateforme de suivi des stocks et de déclaration des données liées à l’approvisionnement pharmaceutique.
En somme, cette nouvelle note soulève donc une question récurrente : comment se fait-il qu’un médicament puisse être disponible dans les entrepôts et pourtant difficile à trouver en officine ? Le ministère a mis en place un mécanisme permettant de détecter les tensions sur les produits mais aussi les stocks disponibles chez les importateurs, producteurs et grossistes.
La gestion des stocks et la bonne régulation de l’approvisionnement des officines participent à garantir la disponibilité des médicaments pour les patients, notamment ceux atteints de maladies chroniques.
Par : Elyas Abdelbaki










