Le rapport espagnol accusant un «acteur algérien» d’avoir orchestré la récente ruée migratoire vers l’enclave de Ceuta repose sur des preuves invérifiables et de grossières erreurs techniques, révèle une analyse du spécialiste Akram Kharief publiée sur MenaDefense.
Selon l’expert algérien, l’ensemble de l’accusation relayée par des médias espagnols et marocains repose uniquement sur deux groupes WhatsApp administrés par des numéros en « +213 ». Problème : l’auteur du rapport a lui-même masqué ces numéros, rendant toute vérification impossible, tout en attribuant un préfixe « 06 » à l’opérateur Djezzy (qui utilise en réalité le « 07 »).
M.Khariefrappelle qu’un simple indicatif de carte SIM ne prouve ni la nationalité, ni la localisation, ni le rôle réel d’un utilisateur, une pratique courante chez les réseaux de passeurs pour brouiller les pistes. L’analyse de MenaDefense souligne une manipulation des proportions : alors que le rapport étudie un écosystème de plus de 500 000 membres sur les réseaux sociaux (majoritairement ancré au Maroc), les deux canaux associés à l’indicatif algérien ne comptent que 3 780 membres.
Ils représentent à peine 1,5 % des données, mais concentrent pourtant les seuls chapitres d’incrimination nationale du document. L’analyste pointe également plusieurs incohérences majeures. D’abord, des incohérences chronologiques, puisque les groupes censés montrer une « adaptation » de l’afflux migratoire ont été répertoriés dix jours avant les événements des 30 et 31 juillet.
Ensuite une absence de vérifications. Or, aucun test d’attribution standard (analyse d’images inversées, métadonnées, historiques) n’a été mené. Et, enfin, une contradiction de majeure l’auteur. Interrogé par des médias espagnols, l’auteur du rapport a, en effet, lui-même admis la passivité des forces de l’ordre marocaines lors de la crise, contredisant le récit suggéré par la mise en page de son document. Pour Akram Kharief, ce document démontre comment une analyse technique faible est exploitée pour fabriquer et entretenir un récit politique contre l’Algérie.
Par :Akram Ouadah












