Après deux annulations successives en l’espace d’une année de l’élection du président de l’Union nationale des ordres des avocats (UNOA) par le Conseil d’État, la corporation des avocats cherche à tourner la page d’une crise qui n’a que trop durée, et ce, en organisant dans un délai court une élection qui ne soit pas, cette fois-ci, remise en cause par la justice administrative.
Réuni jeudi au siège de la Cour suprême sous la présidence du bâtonnier sortant Brahim Taïri, le Conseil de l’Union a adopté à l’unanimité, l’organisation d’un nouveau scrutin le 1er août prochain pour élire le président de l’organisation, ou renouveler sa confiance au président sortant dans l’hypothèse où celui-ci se représenterait.
D’après des informations relayées par le journal El Khabar, les membres du Conseil ont notamment discuté de la situation institutionnelle de l’Union à la suite de la décision du Conseil d’État annulant les résultats de l’élection de son président et de ceux de ses vice-présidents, ainsi que du calendrier des assemblées générales extraordinaires des différentes organisations régionales d’avocats.
Ce nouveau rendez-vous intervient dans un contexte particulièrement sensible pour l’UNOA. A la fin du mois de mai dernier, le Conseil d’État a annulé l’élection pour la présidence de l’Union une seconde fois, une élection qui a été organisée près d’un mois auparavant (le 25 avril plus précisément), prolongeant une crise inédite au sein de la corporation des robes noires.
Un scrutin qui avait abouti à l’élection du bâtonnier d’Oum El Bouaghi, Abdelhafid Ben Fatah, à l’issue d’un second tour caractérisé par une égalité parfaite des suffrages obtenus avec son adversaire. Une élection finalement remise en cause par la haute juridiction administrative.
Cette deuxième annulation faisait suite à une première décision semblable rendue en 2025. À cette époque, le Conseil d’État avait jugé que «l’élection du président de l’Union a été organisée avant le règlement définitif des recours concernant les élections dans plusieurs organisations régionales», ce qui constituait une irrégularité procédurale.
Au-delà du choix du prochain président, ce scrutin s’apparente à un test pour la corporation qui est divisée depuis plus d’un an. Beaucoup de conseils réclament maintenant de profondes réformes de gouvernance au sein de l’Union, plus de transparence dans les processus électoraux et une modernisation du cadre légal de la profession pour lui permettre de faire face aux défis posés par les évolutions de la société et par la transformation numérique.
Par : Elyas Abdelbaki











