Les enquêtes liées à de présumées irrégularités lors des élections législatives se poursuivent. Après les affaires enregistrées à Oran et Djelfa, une nouvelle procédure judiciaire a été engagée dans la wilaya de Bouira, où un candidat déclaré vainqueur est poursuivi pour des faits présumés de falsification et d’atteinte à l’intégrité du scrutin.
Selon des informations concordantes, le Pôle national de lutte contre la criminalité économique et financière d’Alger a ouvert une enquête visant un candidat du Front El Moustakbal, identifié par les initiales M.A., ainsi que plusieurs superviseurs et agents ayant participé aux opérations de dépouillement.
À l’issue de leur première comparution, le juge d’instruction a ordonné le placement en détention provisoire du candidat, également secrétaire d’une organisation estudiantine connue, ainsi que de plusieurs personnes impliquées dans les opérations de tri et de dépouillement des bulletins.
D’autres candidats dans le viseur de la justice
D’après les mêmes sources, les investigations ne se limitent pas à cette seule affaire. Plusieurs candidats, élus ou non, font également l’objet de vérifications et de poursuites potentielles. Le magistrat chargé du dossier pourrait décider de nouvelles mesures, allant du placement sous contrôle judiciaire à la détention provisoire d’autres personnes impliquées.
Parallèlement, des investigations seraient en cours dans plusieurs bureaux de vote à travers le pays concernant des soupçons de manipulation des suffrages et de gonflement des résultats au profit de certains candidats. Si ces faits étaient établis, ils pourraient entraîner la remise en cause de certains sièges attribués lors des résultats préliminaires.
Ces procédures interviennent alors que la Cour constitutionnelle examine les recours introduits contre les résultats provisoires. La période de dépôt et de réponse aux recours doit prendre fin aujourd’hui à midi, avant le lancement de leur examen, en vue de la proclamation des résultats définitifs dans un délai de dix jours, conformément à la législation électorale.
Les dossiers d’Oran et de Djelfa toujours en cours
À Oran, le juge d’instruction près le tribunal d’Oued Tlélat a ordonné, la veille, le placement en détention provisoire du candidat élu B.A., représentant du parti Sawt Echaâb, ainsi que de huit superviseurs du bureau de vote de Hassiane Toual, dans une affaire de fraude électorale présumée.
À Djelfa, le tribunal de Hassi Bahbah a également ordonné le placement en détention provisoire de huit personnes, tandis que deux candidates ont été placées sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons d’irrégularités électorales.
Les investigations concernent notamment des superviseurs, des membres de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) au niveau de la commune de Hassi Bahbah ainsi que plusieurs candidats. Ils ont été présentés devant le juge d’instruction, qui a prononcé différentes mesures judiciaires dans l’attente des conclusions de l’enquête.
L’affaire de Djelfa retient particulièrement l’attention, l’une des deux candidates placées sous contrôle judiciaire figurant parmi les élus des dernières législatives. Candidate sur la liste du Parti de l’unité nationale et du développement (PUND), elle avait obtenu l’un des deux sièges remportés par sa formation dans la wilaya. Son élection avait suscité de nombreuses réactions dès l’annonce des résultats provisoires, en raison de sa faible visibilité durant la campagne électorale.
Par : S.A.B.









