Une simple réclamation d’une cliente de retour de voyage a permis de mettre au jour une affaire de faux billets au sein d’une agence bancaire à Alger. Deux coupures suspectes de 100 dollars ont d’abord été signalées, avant de révéler un circuit plus large de substitution de devises portant sur plusieurs milliers de dollars.
L’enquête, ouverte après une plainte déposée par la direction des affaires juridiques et du contentieux de la banque auprès du parquet de Hussein Dey, a conduit à l’arrestation d’un caissier principal et de l’un de ses proches. Un troisième suspect, résidant en Espagne, est également cité dans le dossier.
Tout a commencé lorsqu’une cliente ayant bénéficié de l’allocation touristique a signalé, à son retour de l’étranger, la présence de deux billets de 100 dollars falsifiés dans la somme reçue. Après vérification, l’agence bancaire a procédé à leur remplacement et engagé des contrôles internes approfondis.
Ces vérifications ont rapidement révélé une situation plus grave. Un examen détaillé de la caisse principale a permis de mettre en évidence 28 500 dollars en billets contrefaits, soit environ 230 millions de centimes, confirmant l’existence d’une manipulation plus large des devises.
Un circuit de substitution impliquant plusieurs suspects
Selon les éléments de l’enquête, le principal mis en cause, un caissier de l’agence, aurait effectué plusieurs opérations successives d’échange de billets de 100 dollars contre des coupures authentiques. Les transactions auraient été fractionnées afin de ne pas éveiller les soupçons.
D’après ses déclarations, les opérations se seraient déroulées en quatre étapes : 10 000 dollars, puis 10 000 dollars, ensuite 5 500 dollars et enfin 3 000 dollars, soit un total de 28 500 dollars. Les enquêteurs indiquent que les billets avaient pourtant été détectés comme suspects par le système de contrôle interne, sans empêcher leur mise en circulation.
Le second mis en cause, propriétaire d’une boulangerie à Saoula, a déclaré avoir reçu les billets de son cousin établi en Espagne, qui lui aurait demandé de les faire parvenir via un intermédiaire afin d’être échangés au niveau de la banque. Il affirme avoir ignoré leur caractère falsifié jusqu’aux révélations de l’enquête.
Le dossier est actuellement examiné par le tribunal criminel de première instance de Dar El Beïda. Les deux principaux accusés font face à des poursuites liées à la falsification de monnaie, à la mise en circulation de billets contrefaits et à des atteintes aux deniers publics.
La banque s’est constituée partie civile afin de réclamer réparation des préjudices subis.
Par : S.A.B.












