Dans les régions du Sud du pays, l’approche de l’Aïd El Fitr transforme progressivement le rythme de la vie quotidienne. Alors que le mois de Ramadhan touche à sa fin, les villes sahariennes et les vieux ksour entrent dans une période d’activité intense où se mêlent spiritualité, traditions et préparatifs de la fête.
Dans les foyers, les premiers signes de cette attente apparaissent plusieurs jours avant la fin du jeûne. Les familles préparent les espaces destinés à accueillir parents, voisins et proches venus échanger les vœux de l’Aïd. Les cuisines deviennent également le théâtre d’une activité soutenue. Les femmes préparent différentes confiseries et douceurs destinées à garnir les tables du jour de l’Aïd, tout en anticipant la préparation de certains plats traditionnels. La veille de la fête, l’application du henné aux enfants et aux jeunes mariées reste un moment très attendu, annonçant l’entrée dans les célébrations.
Parallèlement à cette animation dans les maisons, les lieux de culte connaissent eux aussi une préparation particulière. À l’approche de Leilat El Qadr, les mosquées font l’objet d’un entretien soigné : nettoyage des espaces, badigeonnage des murs, renouvellement des tapis de prière et illumination des minarets. À la veille de l’Aïd, les mosquées et les zaouïas de plusieurs wilayas du Sud accueillent également des rencontres religieuses marquant l’achèvement de la récitation du Coran. Des prêches et des chants religieux sont organisés, mettant à l’honneur les jeunes ayant mémorisé le texte sacré. Le jour de l’Aïd, les traditions culinaires occupent une place centrale dans de nombreuses familles, notamment dans la vallée du M’zab où le couscous s’impose comme le plat principal du repas familial, accompagné de différentes confiseries préparées à l’avance.
Dans la région du Gourara, dans la wilaya de Timimoun, la fête prend une dimension particulière pour les nouveaux mariés à travers la tradition de la tassebiht. Après la prière de l’Aïd et l’échange des salutations, les habitants rendent visite au jeune couple qui reçoit ses invités autour d’un repas de couscous garni de viandes séchées. La rencontre se prolonge autour du thé à la menthe avant de se conclure par une lecture collective de louanges et de prières pour la prospérité du nouveau foyer.
Dans ces régions sahariennes, l’Aïd El Fitr apparaît ainsi comme un moment où se rencontrent spiritualité, mémoire collective et vie sociale, perpétuant des pratiques qui continuent de structurer la vie des communautés.
Par : A.D












