Pratiquement six mois après son annonce, une loi des Finances (LF 2025) en appui, la promesse de pouvoir disposer de cette allocation touristique revalorisée tarde toujours à se concrétiser.
Le 6 octobre 2024, le président Abdelmadjid Tebboune approuve, lors d’une réunion du Conseil des ministres, la décision d’augmenter le montant de l’allocation touristique, à compter du 1e janvier 2025, de 100 à 750 euros pour les voyageurs adultes et 300 euros pour les mineurs. Et ce, une fois par année civile et par voyage. Il en avait fait la promesse en pleine campagne électorale alors qu’il briguait un deuxième mandat. Selon des médias, l’entrée en vigueur du nouveau montant devait intervenir «rapidement», une fois les conditions de son octroi aux voyageurs précisées dans un règlement de la Banque d’Algérie. Entre-temps, une campagne médiatique, tambour battant, est menée autour de l’ouverture de bureaux de change dans les ports et aéroports du pays. Pratiquement six mois après, une loi des Finances (LF 2025) en appui, la promesse de pouvoir disposer de cette allocation touristique revalorisée tarde toujours à se concrétiser. Dans les faits, les voyageurs en partance vers l’étranger ne se font plus d’illusions. Pire, les voyageurs peinent à acquérir même l’ancienne allocation de 95 euros. L’argument massue qui revient souvent dans les guichets de banque est que la petite coupure de 5 euro se fait rare ou qu’il faille revenir un autre jour pour retirer ses devises. Qui bloque la mise en place de ce dispositif de change ? Pourquoi tout ce retard alors que la LF 2025 est à moitié entamée et que les périodes des vacances estivales débutent ?
L’intervention récente du ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, du haut du perchoir de l’Assemblée populaire nationale (APN) au sujet de l’allocation touristique n’a fait qu’épaissir le brouillard autour de cette question. Interpellé par les députés de l’APN, le ministre n’a, en effet, pas été en mesure d’apporter une réponse convaincante rejetant la balle dans le camp de la Banque d’Algérie (BA). « Cette question est du ressort de la Banque d’Algérie », s’est-t-il contenté de dire, sans avancer d’échéance pour son application. Lors des débats autour du projet de loi portant règlement budgétaire pour l’exercice 2022, de nombreux députés se sont interrogés sur le retard enregistré dans l’application de la nouvelle allocation touristique, au même titre que les citoyens lambda.
Bouzred rejette la balle dans le camp de la BA
Face aux députés, M. Bouzred a ajouté, sans trop convaincre, que la BA « dispose d’une autonomie de gestion et d’une réglementation spécifique ». Dans l’hémicycle, il est difficile de trouver une explication rationnelle à l’attitude des responsables des finances en Algérie. Rappelons que le président Tebboune, avait présidé, à la mi-février, une réunion de travail consacrée à l’application de la nouvelle augmentation de l’allocation touristique. Fin mars, le ministre des Finances avait fixé une échéance pour la mi-avril. En avril, le président de la Commission des finances et du budget de l’APN, Oussama Arbaoui, avait indiqué que les banques publiques étaient prêtes et attendaient la publication de l’instruction de la Banque d’Algérie pour l’octroi de l’allocation touristique. Dans moins de trois semaines, juillet tapera à la porte avec les premières vagues de vacanciers. Pourtant tout semblait être fin prêt, au plan logistique, pour l’octroi de la nouvelle allocation. Les modalités d’octroi de l’allocation touristique pour les algériens, et ce depuis janvier dernier. L’entreprise portuaire d’Alger (EPAL) a annoncé, en début de l’année en cours, l’ouverture de bureaux de change au niveau de la gare maritime. Tout comme l’Entreprise de gestion des services aéroportuaires (EGSA) d’Alger. «Avec l’ouverture de ces bureaux, nous entamerons la phase opérationnelle dans les opérations d’octroi de la nouvelle allocation touristique », avait même affirmé le PDG de l’EGSA, Mokhtar Mediouni.
Littérature bancaire
Selon la Banque d’Algérie, les opérations autorisées dans un bureau de change sont les opérations de vente, contre monnaie nationale, de monnaies étrangères librement convertibles. Elles sont effectuées au profit des personnes physiques résidentes, dont la nature porte sur le droit ou l’allocation de change au titre de voyages à l’étranger, de soins médicaux à l’étranger, de frais de mission et de frais d’études et de stages. Il s’agit, également, des opérations de vente, contre monnaie nationale, de monnaies étrangères librement convertibles, au profit des personnes physiques non-résidentes, au titre du reliquat dinars en leur possession à la fin de leur séjour en Algérie et provenant d’une cession de devises préalablement réalisée.
Le processus pour obtenir l’allocation touristique commence par un passage obligatoire à la Banque d’Algérie, l’institution bancaire centrale de tout le système financier du pays. Les voyageurs intéressés par cette allocation doivent ainsi se rendre à la banque d’Algérie de leur ville de résidence.
Pour le moment, le chemin semble long vers la BA….
Par : Akram Ouadah












