
Au cœur de la Vieille ville d’Annaba, deux familles vivent dans une peur incessante, confrontées à l’imminence d’un drame : l’effondrement de leur propre maison située dans la rue Hadidan Essadek, à la Place d’armes. Les deux familles, composées de sept personnes, dont des enfants âgés de moins de 7 ans, font face à une situation alarmante qui menace leur vie quotidiennement.
Une vie plongée dans la terreur
Depuis l’effondrement d’un immeuble voisin l’année dernière, la maison est devenue une véritable épée de Damoclès suspendue au-dessus de leur tête. Le mur qui les sépare de l’immeuble menaçant présente de multiples fissures et pourrait s’effondrer à tout moment, mettant en danger non seulement leurs propres vies, mais aussi celle de leurs précieux enfants.
Chaque jour qui passe, la terreur s’installe un peu plus au sein de ces familles dévouées. Les épisodes de pluie ou de vents violents ravivent leur angoisse, les plongeant dans un état de stress constant. Ils vivent dans l’incertitude et l’appréhension, ne sachant pas si chaque nuit sera la dernière passée dans leurs foyers.
En novembre de l’année dernière, les services de la Protection civile sont intervenus d’urgence après avoir reçu un appel signalant l’effondrement partiel du mur menaçant. Les familles ont reçu un certificat officiel attestant du danger imminent auquel elles sont confrontées. Cependant, ce papier ne représente qu’une preuve physique de leur calvaire quotidien, sans apporter de solution concrète à leur situation.
Un combat pour la survie
Le combat pour la sécurité de leurs foyers et de leurs enfants est devenu le combat de toute une vie pour Mohamed et Abdelhak, les piliers des deux familles. Malheureusement, malgré leurs multiples appels à l’aide, les autorités locales sont restées étrangement silencieuses, ignorant les cris de désespoir de ces familles vulnérables.
En effets, les pères de ces familles ont épuisé toutes les options qui s’offraient à eux. Ils ont sollicité l’aide du maire d’Annaba, du chef de daïra, du chef de l’Exécutif local, du directeur de l’OPGI d’Annaba et du délégué local du médiateur de la République, mais leurs requêtes sont restées, pour la majorité d’entre elles, sans réponse, laissant ces familles sans recours.
Après de nombreuses tentatives, les habitants n’avaient d’autre choix que de porter plainte devant les tribunaux contre les autorités locales. M. Abdelhak Ben Merzouka a déposé une plainte officielle auprès du procureur de la République d’Annaba, les accusant de retard dans la résolution de leur problème et de négligence face au danger qui menace leur vie. Ils ont été informés de l’inutilité de la plainte sous prétexte qu’ils n’avaient pas le droit de poursuivre les autorités locales.
Un espoir brisé
De son côté, en réponse aux préoccupations des habitants, le délégué du médiateur de la République de la wilaya d’Annaba a informé les plaignants qu’après avoir contacté de chef de la daïra d’Annaba, ce dernier l’avait informé que “Il n’y a pas de dossier de logement social déposé auprès de leurs services afin de l’examiner conformément au décret exécutif 142/08. Par conséquent, ils ne peuvent pas prendre en charge vos préoccupations”.
En effet, les concernés ont affirmé, preuves en main, qu’ils ont déposé une demande pour obtenir des Logements Promotionnels Aidés. Mais, cette demande est restée, jusqu’à ce jour, lettre morte. Les droits fondamentaux de ces familles, leur droit à la sécurité et à la protection de leurs vies, sont ainsi bafoués sans aucun égard.
L’histoire de ces familles n’est pas seulement leur lutte, elle est également la lutte de nombreuses familles à travers le pays. Elle met en lumière les défis systémiques auxquels les citoyens sont confrontés dans leur quête de conditions de vie dignes et sécurisées.
Par : Bouchra Naamane






