SETIF : Beida Bordj, une commune en marge du développement

Par : Aek Djerbah 

Fief de la révolution, Beida Bordj, située à 15 km du chef-lieu de daïra Ain Azel, a payé le prix fort durant la guerre de libération. Aujourd’hui, elle vit en marge du développement, avec un décor hérité de l’ère dominant et un cadre de vie qui laisse à désirer. A voir le spectacle désolant de ces ruelles éventrées, notamment dans les nouveaux lotissements, de ces chantiers à moitié abandonnés, à l’instar du marché couvert, avec ce fatras de béton, avec un éclairage public défaillant ou inexistant dans certains quartiers, beaucoup se demandent si la ville a vraiment des gestionnaires. Forte de ses 50.000 habitants et 38 mechtas, réputée pour être un bastion du conservatisme, Beida Bordj est une région à vocation agricole qui a connu un important rush migratoire durant les années 90. Fuyant les misères de la précarité rurale, l’enclavement et surtout le diktat de la horde terroriste, des centaines de familles y ont trouvé refuge. Une situation à l’origine d’une pléthore de maux sociaux, drogue, grabuge et violence. La délinquance, et son corollaire le crime organisé, guettent des milliers de jeunes oisifs ; d’ailleurs, ceux-ci prennent des proportions alarmantes. ’’ Il n’y a rien à Beida Bordj, même pas une piscine pour briser la routine et le désespoir qui nous tue’’, tempête un jeune. Les opportunités de travail sont inexistantes en dehors des dispositifs de l’ANEM et de la DASS, et pour cause, ici il n’existe aucune structure en mesure de résorber un tant soit peu le chômage sévissant. La jeunesse est livrée à son triste sort ; chômeurs et recalés du système éducatif se côtoient à longueur de journée. Les habitants font face aussi aux épineux problèmes de logement, toutes formules confondues. En dépit de sa nature de région à vocation agricole, Beida Bordj n’a bénéficier que de 20 unités d’aides à l’habitat rural, un quota qui est loin de répondre à la forte demande ; pour ce qui est du logement social, la dernière attribution remonte à 2010, s’agit-il d’absence de programme ou un oubli délibéré ? s’interroge la population. Pour rappel, tous les habitants s’accordent à dénoncer la démission totale des gestionnaires du village et leur incapacité à défendre les intérêts de la commune. Les habitants interpellent le wali pour prendre en considérations leurs doléances et réparer également, selon eux, cette injustice.

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notification pour
guest
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

à ne pas manquer

Météo

Facebook

Lire Aussi

Lire Aussi

0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x
()
x