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Diabète et Ramadhan : Pratiquer sa religion en bonne santé

Par : Hadri Ghada “Averroès” club scientifique de la faculté de Médecine Annaba

S’il ne semble pas perturber un organisme sain, le jeûne met le corps en une situation physiologique particulière qui ne pourrait être tolérée chez certains malades chroniques notamment les diabétiques au 1er rang. Cependant, il n’est pas tout à fait contre indiqué pour la totalité de cette catégorie, un choix qui revient exclusivement au médecin traitant en fonction de la nature du diabète et de l’état de santé de son patient qu’il connait et donc, demeure le meilleur juge pour trancher. Ce choix devrait être précédé, et guidé par un suivi médical et des règles hygiéno-diététiques bien adaptées.

Selon l’OMS, le diabète touche près de 6% de la population au niveau mondial et plus de 14 % des Algériens âgés entre 18 et 69 ans. C’est une maladie en nette augmentation et pourrait causer d’importantes invalidités. Il s’agit d’un état de perte de la capacité de régulation du taux du glucose dans le sang suite à un dysfonctionnement ou une atteinte du pancréas rendant cette affection incurable -donc chronique- mais maitrisable selon le type du dysfonctionnement. On en connait deux principales catégories :

Le diabète type1 auquel on doit associer des injections d’insuline (hormone clé de la régulation du taux de glucose dans le sang)

Le diabète type2 qui traduit une résistance à l’action de l’insuline produite. On associe à ce mécanisme, le diabète gestationnel qui disparaît souvent après la grossesse.

Entre contre-indication absolue et risques calculés, qui peut jeûner ?

En général, la société savante déconseille le jeûne pour les personnes diabétiques ayant un diabète mal équilibré durant les 3 mois précédents ou bien si leur diabète est compliqué par une insuffisance rénale, une rétinopathie ou la présence d’une maladie grave ou infectieuse pouvant décompenser leur équilibre glycémique. Des situations particulières peuvent s’ajouter tel que le cas des femmes enceintes et les sujets âgés notamment les polymédiqués (qui prennent plus de 3 médicaments / jour). L’interdiction dans ces cas serait formelle et justifiée par crainte de tomber en 3 situations à risque qui mettent la vie de la personne en péril : l’hypoglycémie, l’hyperglycémie ou même une acidocétose diabétique.

Ces complications fatales peuvent également survenir à n’importe quel moment chez un diabétique autorisé à jeûner et sont heureusement évitables par une bonne éducation thérapeutique du patient et de son entourage par son médecin traitant, qui leur apprendra à détecter tôt les signes annonciateurs tel que : fatigue, anxiété, vertige et sueurs froides pour l’hypoglycémie ou ceux du cas contraire : l’hyperglycémie comme les mictions excessives accompagnées par une soif importante, une vision trouble, des nausées et des vomissements. Il est à noter que toute glycémie inférieure à 0.70g/L ou supérieure à 3g/L implique une rupture immédiate et indiscutable du jeûne.

 

Cette éducation comporte également des règles et des directives décrites par l’IFD (international diabetes federation) qui, si apprises par cœur, vous permettront de jeûner en toute sécurité. Il est impératif de mesurer sa glycémie par un glucomètre à disposition avant les repas et une demi-heure/2heures après les repas ainsi que 3 fois pendant la journée et dès que l’on sent le moindre malaise ou le besoin de la mesurer. Veiller à boire beaucoup d’eau en dehors du jeûne et des boissons décaféinés non sucrées pour ne pas faire une déshydratation pendant la journée (fréquente chez les diabétiques). Limiter la consommation de certains aliments tel que : les bananes, les dattes, les raisins et les cerises car ces derniers contiennent une teneur en sucre supérieure à 11g par 100g. Adopter une alimentation variée et équilibrée tout au long du Ramadan et évincer les sucres rapides de son menu d’Iftar. Minimiser les efforts fournis et suspendre la pratique de sport durant la période de jeûne et réduire les doses d’insuline prises comme convenu avec son médecin traitant.

Le jeûne est bénéfique et est un des axes de la pratique de l’islam mais qui n’est pas dépourvu de risques pour certains patients. Si vous présentez des facteurs de risques, votre médecin traitant est le plus qualifié à arbitrer votre choix et votre santé en dépend. N’hésitez pas à le consulter avant le mois de ramadan pour qu’il réponde à vos questions et adapte votre schéma thérapeutique. Si à n’importe quel moment de votre jeûne vous vous sentez mal, rompez immédiatement votre jeune et veillez à avoir vos médicaments avec vous à tout moment. Il n’est pas encore possible de guérir du diabète, mais l’arsenal thérapeutique à disposition, une bonne hygiène de vie et la bonne observance de votre traitement vous permettront de vivre en paix avec cette maladie.

“Une petite maladie chronique vous contraint à vivre sage ! – La forte santé incline aux abus. Voilà pourquoi ce sont les malades qui durent et les bien-portants qui claquent.”

Prenez-soins de vous et BON RAMADHAN.

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